J’ai récemment eu l’occasion d’intervenir à l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN) puis à l’Institut des hautes études du ministère de l’Intérieur (IHEMI) sur la place de la veille dans l’intelligence économique. La veille permet de détecter des opportunités et des menaces, de rester à l’état de l’art et surtout d’éclairer la décision publique.
Réinternaliser la veille et mutualiser l’information
C’est dans cet objectif que le bureau de la politique documentaire (DFAS/SPAT) a développé veilles-affaires-sociales.fr, une plateforme qui rassemble en continu les informations utiles aux politiques publiques des ministères sociaux.
Cette plateforme marque également un choix organisationnel : réinternaliser progressivement les activités de veille, plutôt que de les confier à des prestations extérieures. Le dispositif repose principalement sur des logiciels libres, des outils d’automatisation et une approche no-code, développés en interne et à coût maîtrisé.
L’IA pour automatiser ce qui peut l’être
L’intelligence artificielle constitue désormais une nouvelle étape. Elle est notamment utilisée pour produire automatiquement des résumés en français, ce qui facilite considérablement l’exploitation des sources étrangères. L’objectif est simple : éviter aux veilleurs le « travail de robot » pour leur permettre de consacrer davantage de temps à la sélection, au croisement des sources, à l’analyse et à l’interprétation.
Cette automatisation est mise en œuvre dans le respect de la propriété intellectuelle. Les contenus issus de sources privées ne sont pas reproduits : la plateforme publie seulement leur titre et un lien vers la source.
De la collecte à l’intelligence économique
L’intérêt d’une telle plateforme dépasse donc la simple diffusion d’actualités. En capitalisant les informations dans un corpus commun, elle permet de décloisonner les veilles, de faciliter leur réutilisation et d’ouvrir la voie à des analyses plus avancées : text mining, cartographies de concepts, détection de tendances ou interrogation de corpus par l’IA.
La veille devient ainsi automatisée pour la collecte, collaborative pour la diffusion et humaine pour le discernement.
À l’heure où l’information est surabondante, la ressource rare n’est plus tant l’information elle-même que notre capacité à repérer ce qui compte, suffisamment tôt, pour pouvoir agir. C’est en cela que la veille reste plus que jamais un pilier de l’intelligence économique.
Mon diaporama : https://docs.google.com/presentation/d/1nY4on4F0P6uW4R9FOWKF8hApZTAeea6waod0WKGF1LA/edit?usp=sharing
